1. Fixer le risque avant l’opération
Le risque par opération est la part du capital que vous prévoyez de perdre si le stop est exécuté au niveau prévu. Il diffère du montant investi. Une position de 10 000 € avec un stop à 5 % représente 500 € de risque théorique avant coûts.
Choisissez une limite compatible avec votre situation et les séries perdantes possibles. Augmenter la taille parce qu’une idée paraît certaine rend les résultats difficiles à contrôler. Un stop ne garantit jamais le montant maximal de la perte.
2. La formule de dimensionnement
Nombre d’actions = (capital × fraction risquée) ÷ distance entre entrée et stop. Pour une position acheteuse, cette distance vaut prix d’entrée − prix du stop. Arrondissez à la baisse et intégrez les coûts ainsi que les plafonds d’exposition.
Avec 50 000 € de capital et 1 % de risque, le budget théorique est 500 €. Une entrée à 80 € et un stop à 76 € donnent 125 actions avant frais. Un stop à 78,50 € donne 333 actions, mais l’exposition dépasse alors 26 000 € : une limite de concentration peut réduire ce nombre.
3. Placer le stop à l’invalidation
Le stop correspond à l’endroit où le scénario ne tient plus, par exemple sous un creux structurant. L’ATR peut aider à comparer cette distance à la volatilité habituelle. On calcule ensuite la taille ; on ne rapproche pas arbitrairement le stop pour acheter davantage.
Un gap, un marché rapide ou un manque de liquidité peut entraîner une exécution moins favorable. Élargir le stop lorsque le prix s’en approche augmente le risque initialement accepté.
4. Pourquoi une perte coûte plus à récupérer
Après une baisse de 10 %, il faut gagner 11,1 % pour retrouver le capital initial. Après −20 %, il faut +25 % ; après −50 %, +100 %. Le gain se calcule sur une base devenue plus petite.
Le gain de récupération vaut perte ÷ (1 − perte), avec la perte exprimée en fraction. Cette asymétrie explique pourquoi limiter le drawdown compte autant que rechercher le rendement.
5. Prévoir les séries perdantes
Même une méthode à espérance positive connaît des pertes successives. Sous une hypothèse simplifiée d’indépendance et de probabilité constante, avec 40 % de réussite, la probabilité que huit opérations données soient toutes perdantes est 0,6⁸, soit environ 1,68 %.
Ce chiffre n’est pas la probabilité de rencontrer au moins une telle série dans toute une année : les occasions de la voir apparaître se multiplient. Testez différents scénarios et choisissez une taille qui laisse une marge face à l’incertitude.
6. Additionner les risques corrélés
Six positions risquant chacune 1 % peuvent perdre ensemble si elles réagissent au même facteur. Des actions technologiques distinctes peuvent représenter une exposition économique très proche.
Surveillez le risque total ouvert, les concentrations sectorielles et les dates de résultats. Les corrélations peuvent augmenter en période de stress : la diversification ne supprime pas le risque de perte.
7. Comprendre le levier
Le levier augmente l’exposition au-delà du capital engagé et amplifie gains et pertes. Les intérêts, les appels de marge et une liquidation forcée peuvent empêcher d’attendre un rebond.
Une stratégie fragile ne devient pas meilleure avec davantage de levier. Vérifiez les conditions du produit et le risque de perte au-delà du montant initial selon l’instrument utilisé.
8. Les règles minimales
Écrivez le risque par opération, le risque total ouvert, le plafond par secteur et les limites de perte qui déclenchent une pause. Précisez la gestion des positions avant une annonce et la procédure si un ordre ne s’exécute pas.
Ces limites se décident au calme. Consignez les écarts dans le journal et réévaluez la méthode à des dates prévues.
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