1. Deux familles, deux mécanismes
Les figures de continuation décrivent une pause dans une tendance existante. Les figures de retournement décrivent une perte progressive de contrôle et un changement possible de direction. Leur utilité vient du comportement des échanges, pas du nom donné à la forme.
Une figure n’est qu’un scénario conditionnel. Elle sert surtout à définir un niveau d’invalidation et un risque mesurable.
2. Les figures de continuation
Drapeaux et fanions suivent une impulsion, puis une consolidation relativement courte. Les rectangles décrivent un intervalle plus durable. Un triangle ascendant combine une résistance approximativement horizontale et des creux de plus en plus hauts ; le triangle descendant présente la structure inverse.
Vérifiez qu’une tendance précède la figure. Un triangle symétrique signale une contraction, sans annoncer à lui seul la direction de la sortie. Une baisse des volumes pendant la pause, suivie d’une reprise à la cassure, apporte du contexte.
3. Les figures de retournement
Un double sommet demande deux tentatives près d’une résistance et une rupture du creux intermédiaire pour être confirmé. Le double creux est son inverse. Une épaule-tête-épaule comporte trois sommets, celui du milieu étant le plus haut ; sa ligne de cou relie les creux intermédiaires.
Un sommet arrondi traduit un changement plus lent du momentum. Un mouvement presque vertical à fort volume peut précéder un retournement violent, mais aussi une nouvelle extension. L’anticipation seule ne fournit pas de confirmation.
4. Pourquoi les cassures échouent
Le prix peut dépasser brièvement une frontière puis réintégrer la figure. Les ordres concentrés près des niveaux évidents et une demande insuffisante peuvent contribuer à ce mouvement. Toutes les fausses cassures n’ont cependant pas une cause unique identifiable.
Comparez le volume à sa référence, observez la clôture au-delà du niveau et le comportement lors d’un éventuel retour sur celui-ci. Attendre la clôture ou le retest réduit certaines entrées précoces, au prix d’occasions manquées ou d’un prix différent.
5. Le contexte fait partie de la figure
Une base dans une action forte, un secteur porteur et un marché en hausse n’a pas le même contexte qu’une forme identique dans une tendance baissière. Examinez l’horizon supérieur et la force relative avant le détail du dessin.
Le filtrage des actions facilite ce travail en éliminant d’abord les titres trop peu liquides ou incompatibles avec les règles de la stratégie.
6. Transformer une figure en opération
Écrivez le déclencheur exact, le stop d’invalidation, la taille calculée et la sortie prévue. Une projection de hauteur de figure peut servir de repère pour comparer gain potentiel et risque ; ce n’est pas une cible certaine.
Par exemple, une entrée à 50 € et un stop à 48 € représentent 2 € de risque par action avant coûts. Avec un budget de risque de 100 €, la limite théorique est 50 actions, à réduire pour tenir compte des frais et autres contraintes.
7. Les erreurs fréquentes
Voir des figures partout, entrer avant confirmation, redessiner les lignes après une rupture et croire qu’un nom garantit la fiabilité affaiblissent la méthode. Fixez des critères de durée, d’amplitude et de volume avant de sélectionner un exemple.
Si le scénario est invalidé, appliquez la règle prévue. L’objectif est de contrôler le coût des erreurs, pas de défendre le dessin.
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